Portons une attention particulière à ceux qu’ils ne nous arriveraient jamais à l’idée d’aimer

Aujourd’hui où tout le monde célèbre l’amour en couple, l’amour en famille, l’amour en communauté, je vous invite à apprécier l’amour autrement…

Et si aujourd’hui vous envisagiez l’amour comme vous ne l’aviez jamais envisagé auparavant. Et si vous l’envisagiez comme vous n’auriez jamais pensé l’envisager d’ailleurs?

Aujourd’hui où tout le monde célèbre l’amour, je vous invite à célébrer l’amour pour les personnes que nous aimons le moins: Nos ennemis!

Pouvoir aimer tout le monde serait formidable! Et être aimé de tous, ce serait encore mieux ! Mais nos rêves d’amitié sont une chose et la réalité des rapports humains en est une autre! Caché derrière nos sourires et nos politesses, le germe de la mésentente pousse souvent, et même les amis d’aujourd’hui peuvent se transformer en ennemis de demain. Avant toute chose, reconnaissons que les ennemis intentionnels, ceux qui « nous veulent du mal et cherchent à nous nuire » selon Le Petit Larousse, sont heureusement assez rares. Par contre « les autres » que nous considérons à tort comme ennemis sont légion. Ce sont tous ceux qui nous contredisent, nous provoquent ou nous ignorent et, parfois sans même le vouloir, nous pourrissent l’existence. Il peut également s’agir d’anciens amis avec qui nous avons eu des différends.

Peu importe l’appellation qu’on leur donne, nous avons tous des gens proches de nous que nous n’arrivons plus à digérer et vice versa. Alors quand le vers est dans le fruit et que le « non-ami » occupe le bureau d’à côté ou se trouve dans notre propre famille, ou encore dans notre cercle d’amis et que nous sommes bien obligés de le fréquenter, comment s’en sortir ?


Il vous faut accepter une fois pour toutes qu’il est impossible de plaire à tout le monde.

Il vous faut accepter une fois pour toutes qu’il est impossible de plaire à tout le monde. Et si vous avez bien intégré cela, je vous propose trois encouragements »philosophiques » pour tirer profit de vos rencontres les plus désagréables.


« Les amis se disent sincères ; ce sont les ennemis qui le sont.  » Arthur Schopenhauer

Encouragement N°01: « Les amis se disent sincères ; ce sont les ennemis qui le sont.  » Arthur Schopenhauer. Première chose à savoir donc : Nos ennemis nous sont bénéfiques ! Qui nous est le plus utile? Les amis -qui ne nous font jamais le moindre reproche- ou ceux qui ne ratent pas l’occasion de nous dire nos quatre vérités? En nous renvoyant une image flatteuse de nous-mêmes, les amis entretiennent nos défauts et nos mauvaises habitudes, et contribuent souvent à les renforcer. Par contre, nous pouvons accueillir les critiques de nos « ennemis » avec reconnaissance, car elles nous mettent en face de nos travers tout en stimulant nos neurones. Non seulement accepter, mais apprécier les critiques devient alors possible. « Les contradictions des jugements ne m’offensent, ni m’altèrent ; elles m’éveillent seulement et m’exercent »nous rappelle Montaigne. Surtout si, au lieu de vouloir imposer à tout prix notre point de vue,nous nous efforçons de trouver des arguments qui tiennent la route tout en prenant en compte les raisons de l’autre.


« Comme l’éléphant de combat reçoit la flèche jaillie de l’arc, ainsi supporterai-je patiemment l’insulte » Bouddha

Encouragement N°02 : « Comme l’éléphant de combat reçoit la flèche jaillie de l’arc, ainsi supporterai-je patiemment l’insulte » Bouddha. Faites preuve d’une patience olympique . La patience est une vertu mais ce n’est pas quand on est seul que l’on peut s’y exercer : nous avons besoin des autres pour pouvoir la mettre à l’épreuve. Cultiver la patience, c’est être endurant, tolérant et capable de supporter les nuisances sans jamais perdre le contrôle de soi-même. Il ne s’agit pas de résignation passive ni de soumission, mais d’une attitude ferme et posée face à ceux qui nous contrarient ou nous perturbent. Pratiquer la patience, c’est mener un combat perpétuel, non pas contre nos adversaires extérieurs mais contre nos plus grands ennemis intérieurs: la colère et la haine. Il nous faut commencer par développer « l’esprit antiadhésif » préconisé par Sogyal Rinpoché : « entraînons-nous à laisse glisser sur nous les paroles malveillantes, sans leur permettre de s’attacher à nous ».


« Ce que je trouve mal sain, n’est-ce pas pour être moi-même mal sain ?  » Montaigne.

Encouragement N°03 : « Ce que je trouve mal sain, n’est-ce pas pour être moi-même mal sain ?  » Montaigne. Prenez du recul sur vous-même! Incapables de prendre du recul par rapport à nous-mêmes, nous sommes incapables de nous voir tels que nous sommes. Le seul moyen de nous faire une idée de nos défauts, c’est de nous servir de ceux des autres comme d’avertissements. Comme le disait Shopenhauer : « Qui critique les autres travaille à son propre amendement ». Regarder les autres pour mieux se voir soi-même est possible car nous remarquons chez l’autre ce que nous ne pouvons pas -ou ne voulons pas- voir en nous-même : c’est ce que la psychanalyse appelle projection, et que, Montaigne avait parfaitement compris. « Chaque critique que nous faisons à un autre est un clignotant qui s’allume sur notre tableau de bord personnel : il faut en tenir compte et en profiter pour aller voir ce qui ne va pas chez nous. » En mettant en pratique ces enseignements, nous pourrions bien découvrir que, loin d’être une disgrâce, croiser un ennemi est en réalité une aubaine, qui nous oblige à nous remettre en question et donc à évoluer. Transformer l’ennemi en allié intérieur est une force. Si nous faisons l’effort de nous demander ce que cet individu est venu nous dire: Pourquoi lui? Pourquoi ici? Pourquoi maintenant ? Et quelle leçon se cache derrière cette pénible rencontre, ou situation? Si nous faisons cet effort, notre regard sur cet « ennemi » change radicalement . Nous voyons moins son intention de nous nuire que les bénéfices que nous pouvons en retirer. De là à lui être reconnaissant d’être là, il n’y a qu’un pas !


Un ennemi acquis sans effort, c’est un trésor trouvé dans la maison. Il doit m’être cher, cet auxiliaire de ma vie
Shântideva

Gwladys AGBIDINOUKOUN