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Info de la semaine : Nomination des doyens de facultés et directeurs d’écoles des universités publiques en conseil des ministres du mercredi 30 janvier 2019

Université d’Abomey-Calavi. Grand gigamarché à taille humaine, n’en déplaise à nos amis Arméniens qui ont leurs quartiers près de l’aéroport Cardinal Bernardin GANTIN et qui nous vendent dans un verbatim marketing bien rôdé de l’hypermarché. Il y a mieux, mes cocos. Il y a du giga : l’UAC. Ici, tout se vend, tout s’achète. Il faut donc être franc et changer la maxime latine, apposée sur les murs et tous les documents officiels, nichée dans le logotype même de l’université : « Mens Molem Agitat », comprenez « L’esprit agite la matière ». Parce qu’à tous les coups, et en l’état des choses, nous sommes bien d’accord que c’est plutôt la matière qui agite les esprits là-bas. Reportage

L’actualité est un critère majeur de sélection de l’information. On nous l’apprend en école de journalisme. Donc cette semaine, le mercredi 30 janvier 2019 pour ne pas être plus précis, en son conseil des ministres du jour, le gouvernement du Bénin nomme les doyens, vice-doyens et autres directeurs des centres de formations universitaires publiques. Et ramène, de fait, l’université publique dans les débats. L’université publique a ceci de commun avec tout ce qui est public au Bénin : elle donne l’impression têtue d’être abandonnée. Avec la propension raide et rectiligne d’aller de mal en pis. Fonctionnons de façon facile, par l’exemple empirique, pour moi qui y ai, au début des années 2000, vécu de belles années de ma jeunesse.

Je garde le souvenir de la pénibilité de tout : la lassitude dans les yeux de la quasi majorité des enseignants qui donnaient l’impression de faire de l’aumône aux étudiants parce que peu motivés par un système ingrat envers ce métier noble de la transmission de savoir et de la formation à la vie. Donc ils se faisaient magiciens : ils disparaissaient souvent ; la lassitude des amies et sœurs étudiantes pour qui souvent, monter dans la classe au-dessus, c’est descendre le dessous ; la lassitude par des conditions extrêmes où l’étudiant n’apprend pas mais où, clairement, il est venu souffrir : pour s’inscrire, pour manger, pour se déplacer, pour dormir, pour apprendre à se battre pour ses droits, pour vivre.

Je crois en la bonne foi du gouvernement qui, après avoir maintenu à titre transitoire les équipes dirigeantes des Unités de Formation et de Recherche (UFR), prend ses responsabilités pour ne pas laisser une situation juridiquement équivoque. 
Je crois en la bonne foi du gouvernement. Mais je crois encore plus que si l’on veut aider l’université nationale, ce qu’il faudrait peut-être, c’est faire tout de suite, avec autant de célérité dans les mesures prises, des bibliothèques et des hubs numériques au profit des étudiants, leur donner un meilleur cadre et de meilleures conditions de formation, veiller à éradiquer les NST (Notes Sexuellement Transmissibles) et lutter contre le harcèlement, en somme, faire une université publique meilleure.
Et dans ce haut lieu de sciences et de culture, permettre la vie de la démocratie par l’élection des responsables scientifiques par leurs pairs, comme le font les étudiants eux-mêmes. Car, comme le dit ce cher Pr Joël AIVO : « A l’Université, être l’élu de ses pairs, sortir des entrailles de sa communauté est un privilège ».

C’est à ces prix que nous pourrons dire qu’à l’UAC, « mens molem agitat »

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