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Info de la semaine : Sylvestre AMOUSSOU gratifié de 20.000.000 FCFA par le gouvernement béninois pour sa contribution au rayonnement culturel du Bénin en Afrique et dans le monde.

Remarquez ! Il a le sourire indécrochable de la bonhommie de son visage. Victor HUGO nous a donné le personnage fictionnel et philosophique d’un roman baroque dans son XIXème de résidence temporelle : l’homme qui rit. Le Bénin peut s’enorgueillir d’avoir un personnage, lui bien réel et sans doute autant philosophique, dans notre contemporanéité tropicale sur la terre du vaudou : l’homme qui sourit. C’est qu’il est beau, bon et profondément tendre, notre Sylvestre AMOUSSOU. Et moi, en plus des épithètes précis et précédents, quand c’est vrai et engagé, de chez moi et prompt à donner l’envie de devenir un meilleur soi, bah j’aime. Le gouvernement du Bénin également désormais depuis quelques années. Voilà. Beau devant ! Déclaration d’admiration en vue pour un Homme dont la vie entière est un petit cours condensé de développement personnel.

Nous sommes dans la deuxième moitié des années 2000. Son « Africa Paradis » venait de sortir il y a quelques années et l’homme, auréolé déjà d’un succès d’estime retentissant aussi bien dans son pays qu’au-delà, traînait dans les couloirs du Bénin Marina Hôtel (ex Sheraton) où il avait une chambre pendant son séjour au pays. Il passait, du pas de ceux qui ont des choses importantes à finaliser et qui savaient où des gens importants les attendaient. Je passais par là, je ne sais plus pour quelles raisons parce qu’à la fin des années 2000, moi, c’était plutôt le contraire : je traînais dans des coins où j’étais toujours dépaysé et je ne savais pas grand-chose de ceux que j’allais rencontrer. La preuve, je tombe sur M. AMOUSSOU que mon toupet me souffle d’aborder. Du haut de sa presque dizaine de films, de ses décennies sur des plateaux de cinéma outre atlantique, de son entregent et de ses occupations, il s’est arrêté à hauteur du petit Béninois du couloir et qui s’est présenté comme un chroniqueur de télé et a écouté, l’air engageant et attentif ma liste de compliments et mon envie de garder contact avec lui, m’a remis une carte avec des précisions explétives pour le joindre effectivement et me laissant le numéro de sa chambre.

Sylvestre AMOUSSOU a le profil de ceux qui ont eu une réussite trop facile et/ou insolente : ils sont heureux… déjà, donc ils sourient. Ils sont ouverts envers les autres et attentifs à tous les mouvements : ceux du monde et ceux des cœurs alentours. Ils font ce qu’ils aiment et ont le don de Midas : tout ce qu’ils touchent a tendance à se transformer en or.

Sylvestre AMOUSSOU a le profil de ceux qui ont eu une réussite trop facile et/ou insolente. Sauf qu’aucune réussite n’est facile. Il faut savoir, quand on sait ce qu’on veut, ouvrir toutes les portes pour que rien ne vous arrête. Il rêvait d’être acteur en France mais, dira t-il, « les rôles pour des acteurs noirs y sont limités », donc il devient réalisateur pour porter sa vision du monde par sa passion : le cinéma. Cela nous donnera des films désormais et déjà aussi légendaires que « Black Mic Mac » qui a révélé l’acteur en 1988, des films de la trempe de « Africa Paradis » au sujet duquel il déclare : « J’ai décidé que l’Afrique est devenue un continent riche et l’Europe est devenue totalement décadente. Donc l’immigration change de camp. Et c’est les blancs, les européens qui vont au Consulat des États-Unis d’Afrique pour demander un Visa pour se rendre en Afrique. Et évidemment… on leur refuse le visa et ils décident de partir clandestinement. Dans ce film, on voit enfin les européens vivre… en fait… un tout petit peu ce que peut vivre un immigré quand il vient en France. ». Engagé et fidèle à lui-même, vous dis-je !

La reconnaissance du gouvernement envers lui ce lundi 11 février 2019 avec un chèque de 20.000.000 FCFA, un gouvernement qui célèbre, cela est de notoriété publique, les talents de toutes les générations depuis des années m’a permis de revoir un Sylvestre AMOUSSOU aussi souriant que toutes les fois que je l’ai rencontré, avec des mots forts sur la « galère » des jeunes artistes au pays et sa disponibilité proactive au service du cinéma béninois.

Par peur de blasphème anti-christique, je reformule l’antienne ecclésiastique : « Sylvestre est la solution. Il y a de l’espoir pour moi » d’être un meilleur homme. L’exemple existe. Et il sourit. Alors sourions à la vie, à nos vœux et à nos voies ! 
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Vivoument mardi !

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