Info de la semaine : Albert TEVOEDJRE hospitalisé depuis quelques jours à Porto-Novo

Ce n’est pas une bonne nouvelle. Ce n’en est même pas une mauvaise. C’est juste une nouvelle terriblement normale : un Homme est souffrant, grabataire malgré lui, contraint par la maladie. Albert TEVOEDJRE est passé de son vivant dans l’immortalité des mémoires ici et ailleurs. Le fameux pseudonyme dont il est affublé entretient le mythe d’un Homme dont l’on pourrait dire qu’on ne sait pas grand-chose sinon qu’il a été présent à tous les grands rendez-vous qui engagent notre pays depuis de si longues décennies. Toujours là. Même quand ce n’est pas dit par la Grande Indiscrète. Influent, homme de réseaux, homme d’engagement. Personnage clivant, dont on se méfie parfois mais avec qui l’on compose souvent. Qui est vraiment celui qui veut qu’on l’appelle plutôt Frère Melchior aujourd’hui ? Qu’est ce qui l’a fait courir toute sa vie et même aujourd’hui encore, dans le grand âge ? Qui est vraiment le renard de Djrègbé ? Et quelle vie couvait au Refuge du Pèlerin ? Voici ci-suit des réponses bien subjectives.

Dans le cadre d’une émission télévisée que j’ai préparée il y a bien une décennie sur les antennes de la télévision nationale, j’ai dû sérieusement travailler sur le personnage. Parce que oui, Albert TEVOEDJRE, c’est de façon factuelle une personne, de façon méritée une personnalité et, faut se l’avouer, un sacré personnage, du couvre-chef qui est sa signature vestimentaire à son nouveau pseudonyme que peu comprennent sans doute. Son Curriculum, qui n’est pas du remplissage, en imposait tant par les références que le nombre de pages.

Tenez, le rapporteur général de la conférence des forces vives de la nation est diplômé des universités de Toulouse, de Fribourg, de l’Institut Universitaire des Hautes Etudes Internationales de Genève et du Massachussetts Institute of Technology de Boston. Licencié d’histoire et docteur ès Sciences Economiques et sociales, il a tôt pris le parti d’influer sur la vie de son pays en se jetant dans le magma de la vie politique béninoise qu’il ne quittera jamais.

J’ai toujours allégué que j’ai plus d’opinons poétiques que politiques. Une vraie boutade en soi, puisque la poésie n’est précisément pas une affaire d’opinions. Mais nous nous égarons. Député à l’assemblée nationale puis Ministre du plan, de la restructuration économique et de la promotion de l’emploi (1996-1999), il a assuré à maintes reprises l’intérim du chef de l’Etat durant ses absences avec délégation du pouvoir de chef du gouvernement. Cette reconnaissance due au savoir et au travail de l’homme n’aura pas été que nationale. Il a fortement œuvré sur le plan international dans diverses institutions et instances. De l’Union Africaine et Malgache au Bureau International du Travail en passant par les Nations Unies, ce Président de l’association des médiateurs de l’UEMOA depuis 2008 qui fut le premier Médiateur de la république du Bénin est un écrivain qui a partagé sa vie à travers ses œuvres.

Mais au-delà de tout, je ne retiens que l’impression personnelle et forte que j’ai gardé de nos mois de travail suite au séisme à Haïti et à la mise en place de la Fondation Cardinal Bernardin GANTIN. Il avait le regard intelligent, bienveillant et cohérent. A plus de 80 ans, il travaillait encore avec l’ardeur de la jeunesse, obsédé par la ponctualité, le respect de la parole donnée et des délais, un chef d’orchestre hors pair. Il regardait la lumière en chacun et cherchait à la faire briller. Je garde le souvenir de conseils, de facilitations promptes, de la lecture de mes poèmes, de la préface qu’il m’a laissée. Cet Albert TEVOEDJRE de tous les jours à la mémoire des visages et des noms prodigieuse, toujours disponible à recevoir au bureau ou à son domicile qu’il a baptisé « le refuge du pèlerin », peu le connaissent et cela gagnerait à être fait, tant j’ai l’impression que son image publique coïncide si peu avec son image vraie, sa personnalité intrinsèque. C’est un catholique, heureux en ménage, un homme de mesure et de rêves fous qui a fait, comme je le souhaite à chacun de belles rencontres et un beau chemin. Il aura fait.
L’humain qui se fait soigner par Dr Lucien Dossougbété de la clinique Louis Pasteur de Porto Novo, avec le renfort de Professeur Abou Yèkini, est un bel humain. Sans doute incompris parce que passionnément engagé dans l’action pour un idéal de service parce qu’il a LE BONHEUR DE SERVIR, comme le titre de son livre paru en 2009 et préfacé par son ami Kofi ANAN.
Je viens de trouver : Albert TEVOEDJRE, c’est une tête, un cœur et une main… Il nous reste à lui souhaiter de retourner sur ses deux jambes.

J’ose le propos propitiatoire : « Melchior, lève toi et marche »

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